Financial Krach Survivor

…ou comment échapper au racket organisé par les BANKSTER et prospérer malgré la crise!

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source : http://www.masutti.lautre.net/Chevreux-Hollande_trad.pdf

Confession d'un homme du FMI

L’indispensable Bang Big structurel nécessaire en France devrait être politiquement moins problématique que dans les années 1980

I – Retour vers le futur: la réforme « Big Bang » de la France sera forcée par le marché (Doisy)

Lorsqu’il sera élu le 6 mai, comme c’est probable (1), le socialiste François Hollande devra clarifier sa position sur deux questions urgentes : l’austérité budgétaire et la réforme du marché du travail. En effet, sur ces deux points, il est resté quelque peu silencieux et / ou évasif concernant ses intentions pour des raisons
purement électorales : il ne veut pas mettre en péril le soutien dont il jouit de la part de son électorat et donc risquer de perdre l’élection pour être trop transparent.

Cette position ambiguë reste sensée jusqu’à ce que les élections présidentielles et législatives soient passées, car une clarification dès maintenant repousserait l’électorat populaire vers les extrêmes. En effet, comme le montre le graphique 1, les électeurs indécis ont tendance à passer de François Hollande (gauche modérée) à
Marine Le Pen (extrême droite) sur l’hypothèse que ces deux candidats n’ont pas l’intention de réformer le marché du travail et de soumettre les finances publiques au nouveau Traité.

Nicolas Sarkozy est un peu plus audacieux et plus transparent sur les enjeux fiscaux et sur la question du marché du travail, mais il est aussi largement perçu comme le perdant de ce scrutin présidentiel. Si l’on se réfère à 2007, il a été élu sur une plate-forme électorale orientée vers l’économie de l’offre, mais n’a pas satisfait à ce sujet. Logiquement, il ne recevra pas beaucoup de crédit parmi les électeurs centristes par cette attitude aujourd’hui plus ouverte. En outre, la crise économique fait que sa plate-forme électorale n’est pas au goût des électeurs populaires qu’il tente de repêcher.

Bien qu’intelligente d’un point de vue électoral, la stratégie de Hollande se retournera contre lui à coup sûr une fois élu : soit les électeurs soit les marchés financiers seront déçus. Exactement comme en 1981-83 pour François Mitterrand, l’ancien président socialiste (voir l’encadré 1), François Hollande devra déplaire aux uns ou aux autres juste après la période électorale de 2012, tout comme il est sûr d’être incapable de concilier les deux.

Intentions de vote pour le premier tour des élections présidentielles 2012.

En politicien averti des risques de bouleverser à la fois les marchés financiers et l’Allemagne, Hollande sait qu’il devra éventuellement céder à leurs exigences (voir encadré 1). En effet, la pression du marché ne reculera pas tant que la France ne clarifiera pas sa position sur le projet Euro(péen). Sans plus de pouvoir de négociation pour résister à Angela Merkel, en raison de la faible forme de l’économie française, l’appartenance à la zone euro sera prévaudra, comme en 1983.

Le retournement de veste de François Mitterrand suite aux imposition du marché

2. Le contrat de travail permanent français est le fameux « CDI », qui signifie « contrat à durée indéterminée ». Parmi les nombreux contrats de travail flexibles introduits en France durant les deux dernières décennie et demi, l’un est devenu central : l’infâme « CDD » ou « Contrat à durée déterminée ».
3. « L’autorisation administrative de licenciement » était une procédure selon laquelle une société obtenait
l’autorisation d’une autorité locale ou du Ministère du travail pour licencier les travailleurs.

La vraie question sera la réforme du marché du travail, davantage que la discipline budgétaire et l’appartenance à la zone euro

L’objectif primordial de la France sera de rester dans la zone euro, mais aussi, et surtout, de continuer le jeu du bloc coopératif avec l’Allemagne. Au cours des trois dernières décennies, depuis le «tournant de la rigueur» de 1983, cet objectif a été aveuglément poursuivi par tous les présidents français (à commencer par François Mitterrand), même au prix d’un chômage élevé. François Hollande ne fera sûrement pas exception à cette règle.

Très malheureusement pour François Hollande, la nécessité de libéraliser le marché du travail est le résultat direct de l’appartenance à la zone euro, de sorte que l’un ne peut aller sans l’autre. En effet, à un degré de gravité près, la situation économique de la France n’est guère différente de celle de l’Italie. Quel qu’il soit, le prochain président aura donc à rationaliser les finances publiques et favoriser la croissance, grâce à d’ambitieuses réformes de la fiscalité et du marché du travail.

Dans la mesure où la politique de croissance proposée par Hollande échouera à coup sûr, elle est probablement conçue comme une astuce pour éluder la question du marché du travail au cours de la campagne et servir d’édulcorant au-delà. Cette politique est censée « re-industrialiser » la France avec des subventions publiques pour l’embauche de jeunes travailleurs et de la R & D, mais elle ne pourra pas de sitôt réduire suffisamment le handicap de la France dans son rapport compétitivité-coût. En effet, il a fallu pour cela à l’Allemagne une décennie de réformes difficiles.

Ainsi, la seule question est de savoir si François Hollande va ne serait-ce que tenter de s’en tenir à ses promesses ou s’il reviendra volontairement sur elles dès qu’il sera élu.
Le sens commun lui conseille de se diriger tout de suite vers l’indispensable libéralisation des marchés du travail et des services. Mais la prudence innée de Hollande et la politique de son parti imposeront des freins: en conséquence, seule une contrainte extérieure fera pencher la politique française dans la bonne direction.

L’Allemagne ayant libéralisé son marché du travail récemment (l’Espagne et l’Italie lui emboîtant le pas), François Hollande n’aura probablement guère de choix dans ce domaine. En effet, dans les années 1980 et 1990 (voir encadré 2), ne pas y penser lorsque tout le monde faisait de même, cela n’était pas un problème. Mais cette fois, la France devra faire face à la colère de ses partenaires de la zone Euro (et celle du marché) si elle refuse de mettre en œuvre les réforme que d’autres ont fait ou sont en train de faire.

Échec de la libéralisation du marché du travail en France et en Europe entre 1980 et 1990

Dans le pire des cas, mais ce n’est pas le scénario le plus probable, la pression des pairs de la zone euro et des marchés va obliger un demi-tour comme dans les années 1980

Ne serait-ce qu’en raison du référendum raté de 2005 sur la constitution européenne, François Hollande devra naviguer à travers les forces d’opposition qui ont cours à gauche. Ainsi, le Traité a été rejeté parce qu’il fait de la libéralisation des marchés un principe fondateur de l’UE, grâce à l’inclusion dans la Constitution de la Directive sur les Services (4). Ce rejet était la manifestation typiquement française (à gauche comme à droite) des préjugés anti-marché.

À cet égard, il pourrait s’avérer politiquement utile que ses pairs de la zone euro laissent Hollande simuler l’obtention de concessions de leur part, même si cela reste hors de propos dans la réalité. La demande de Hollande pour une renégociation du Traité serait donc utilisée pour tromper le public français afin de lui faire avaler des réformes au goût moins agréable, incluant le marché du travail. Lui permettre de faire valoir l’intégration de sa politique de croissance serait donc un simple édulcorant politique.

Ainsi, le scénario du pire (bien que peu probable) serait que la France se résigne à la libéralisation du marché du travail, mais seulement après une telle politique de croissance que l’on démontrerait inefficace. Il y a bon espoir de voir ce scénario se dérouler dans les mois qui viennent (et non après quelques des années comme dans les années 1980), sans une grande agitation sociale. Un possible (et malheureusement souhaitable) catalyseur pour un tel revirement serait une augmentation substantielle et irréversible du chômage, en particulier pour les jeunes.

Un autre catalyseur efficace dans ce contexte serait la pression du marché susceptible de se produire si Hollande devait s’avérer trop hésitant pour aller chercher une plate-forme de réforme assez audacieuse. Une perspective désagréable pour un président fraîchement élu, ce qui devrait se révéler un puissant stimulant pour lui éviter de jouer des jeux stupides avec les marchés. L’alternative (les attaques incessantes du marché) devrait assez rapidement se révéler suffisamment proche du pire scénario.

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Les meilleures garanties pour un scénario plus optimiste sont de deux ordres:
François Hollande doit se souvenir de la période 1981-83 et il a toujours eu le cœur d’un Européen convaincu (5). Cela devrait l’aider, d’une manière ou d’une autre, à s’orienter vers des réformes efficaces et favorables à la croissance, comme la réduction des dépenses publiques et la libéralisation du(es) marché(s) du travail (et des services). Le véritable défi pour lui sera de trouver la formule politique pour vendre cela au public français.

***

François Hollande a déjà signalé aux électeurs centristes qu’il n’annulera pas une partie des mesures les plus symboliques et utiles de son adversaire (si et) lorsqu’il sera élu. En particulier, il a fait savoir qu’il ne rétablira pas l’infâme régime des 35 heures qui a été annulée par Nicolas Sarkozy (6). Il a également explicitement souscrit au plan de réduction du déficit budgétaire convenu entre Nicolas Sarkozy et ses pairs la zone euro.

Il s’est jusqu’à présent empêché de s’engager à quoi que ce soit d’important afin de satisfaire au goût supposé de son électorat pour l’interventionnisme d’État. Il a également été assez prudent pour ne pas donner des détails sur la façon dont il pourra réduire le déficit, tout comme ses adversaires. Il n’a proposé que des modifications marginales de la réforme du système de retraite mise en œuvre par son adversaire, ou de la politique de la non augmentation du nombre d’emplois publics.

Dans l’ensemble, la seule ambiguïté de François Hollande est de ne pas avoir fait de propositions de réformes de l’offre, en ce qui concerne la rigidité du marché du travail en particulier. Alors qu’on ne peut le blâmer pour être tactique, des éclaircissements seront nécessaires aussitôt après les élections. (La menace d’) Les attaques du marché sur le secteur de la dette souveraine française, en raison de la colère des pairs la zone euro face à l’inaction de la France, devrait suffire pour obliger le pragmatiste europhile qu’il est.

Nicolas Doisy

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4. La Directive de Services (alias la Directive Bolkestein) visait compléter le marché intérieur européen par la libéralisation des services non-financiers, mais elle fut largement édulcorée après le référendum français.
5. En 1993-97, Hollande présidait le think-tank politique de Jacques Delors, le « Club Témoin ».
6. Dans un registre différent mais très symbolique (la politique étrangère et la défense), il a fait savoir qu’il n’allait pas abroger la décision prise par Sarkozy visant à réintégrer la France dans l’OTAN.

 

II – Deux sujets d’actualité dans les élections françaises : l’Euro et le marché du travail (Perrineau)

Depuis plusieurs mois maintenant, les intentions de vote pour l’élection présidentielle française (le 22 Avril et le 6 mai 2012), ont favorables à une victoire du candidat socialiste, François Hollande, qui s’attend à obtenir le plus de votes à la fois dans le premier et le deuxième tour. Cependant, aussi fragiles ou réversibles que peuvent être ces intentions de vote, dans un contexte français et européen dans lequel la volatilité de l’électorat est une dure réalité, nous devons néanmoins envisager la perspective d’une victoire du candidat socialiste et l’impact que cela pourrait avoir sur le développement économique et la situation sociale en France.

Le parti socialiste français a traditionnellement été considérée comme unique parmi l’aile gauche européenne: il a toujours été très attaché à l’étiquette « socialiste ».
Quoique définie comme « l’aile gauche réformiste », elle rejette l’expression « socialdémocrate », et n’a jamais montré aucune sympathie à l’égard de la « troisième voie », promue au Royaume-Uni par Tony Blair et Anthony Giddens. Il est donc utile d’examiner comment François Hollande, s’il était en mesure de gagner la prochaine élection présidentielle, envisage la politique au niveau économique et européen.

L’un des points forts de la politique européenne que le candidat socialiste veut mettre en mouvement se rapporte à une renégociation du traité européen issu du sommet de du 9 décembre 2011 qui, à l’exception du Royaume-Uni et la République tchèque, a entraîné une réforme vers une intégration économique plus rapide et budgétaire des pays de la zone euro.

Cette approche nous rappelle la demande pour une révision du pacte de stabilité de la zone euro, présentée par les socialistes durant la campagne des élections législatives de 1997. Le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance, qui a été approuvé par 25 chefs d’État, est le fruit de négociations complexes sur des sujets extrêmement sensibles. Il est un mécanisme essentiel qui – au-delà du message qu’il envoie aux Européens – à pour vocation de rassurer les acteurs du système tels la Banque Centrale Européenne, la Commission Européenne, ou les marchés financiers.

La remise en cause de cet équilibre ne sera pas une tâche facile et pourrait sembler « contre-productive », en particulier vis-à-vis des marchés financiers et des agences de notation. Combiné avec d’autres propositions, cette demande de renégociation contribue à saper l’image du candidat socialiste comme administrateur responsable. Les propositions sur la question nucléaire, les dépenses publiques et l’augmentation du nombre d’emplois de fonctionnaires, ainsi que la mesure envisagée pour créer des emplois pour les jeunes sur la base de subventions publiques, constituent des mesures qui renforcent les interrogations sur le bien-fondé du projet du candidat socialiste.

Les promesses de Hollande seront-elles en fin de compte fortement revues à la baisse, ou non tenues, ou sont-elles les prémisses d’une politique publique qui sera mise en œuvre, avec tout le risque de déstabilisation qu’elle comporte ? Cette hésitation peut créer du tumulte parmi les électeurs centristes, dont l’enclin européen est connu. Il est vrai que ce type de stratégie correspond à la volonté de M. Hollande de clairement se repositionner sur la gauche et contenter les acteurs de gauche qui le soutiendront au premier tour de la présidentielle (le député socialiste populaire Arnaud Montebourg, par exemple) ou ceux dont il aura le plus besoin du soutien dans le deuxième tour de scrutin (à l’extrême gauche).

Ainsi, sans remettre en cause la nécessité de réduire le déficit public et la dette, Hollande a pris le risque d’endommager son capital de « candidat réaliste » : qui pourrait croire qu’à court terme l’Allemagne conduite par la majorité CDU-FDP permettrait la création d’euro-obligations, ou la mutualisation de la dette souveraine, ou même donner à la BCE la capacité de financer les États grâce à l’impression de monnaie ?

Au-delà de ces questions européennes, une boîte noire demeure dans l’actuel projet du candidat socialiste: celui de la réforme du marché du travail. En fait, les pays européens qui semblent actuellement faire de leur mieux, sont ceux qui ont adopté les combinaisons gagnantes de l’ajustement budgétaire et des profondes réformes du marché du travail et des marchés de production (7).
À trois mois des élections présidentielles, le programme du candidat socialiste reste très évasif sur ce chapitre. En ce qui concerne une partie considérable de la majorité sortante, la raison est la crainte d’un mouvement social qui réagirait durement à ce sujet (un mouvement dont nous avons eu une illustration pendant les longues manifestations de l’automne 2010 contre la réforme des retraites).

Cependant, avec les propositions issues des projets du gouvernement et du président-candidat Nicolas Sarkozy, il est possible que le débat présidentiel se concentre sur la réforme du marché du travail basée sur – pour reprendre l’expression du Premier ministre François Fillon – quatre « décisions structurelles »: la formation des chômeurs, l’assouplissement du coût du travail, des mesures visant à stimuler la compétitivité des entreprises et la durée de la semaine de travail.

Toutefois, la marge de manœuvre dans ce débat demeure relativement limitée : les actuels sondages d’intentions de vote montrent que le score de Sarkozy est pour le moment étroitement serré (avec 25-26% des intentions de vote) entre les socialistes, qui ont un taux élevé des intentions de vote (plus de 30%), et un fort parti d’extrême-droite, le Front National (entre 17% et 19%).

En outre, au-delà de toutes leurs différences, les socialistes et le Front National ne sont pas enclins à un débat sur la réforme du marché du travail. Au-delà de la campagne présidentielle et la lutte pour le pouvoir, la perspective d’une victoire du candidat socialiste et le fort potentiel de l’extrême droite, mettent « sous influence » à la fois le débat sur la politique européenne et la réforme du marché du travail.

Dans le cas d’une victoire de la gauche, Hollande sera amené à faire des concessions à une partie des puissances de gauche qui ont promu le « Non » en 2005, au moment du référendum français sur le traité pour la Constitution européenne. De l’autre côté de l’échiquier politique, la menace électorale représentée par le leader du Front National Marine Le Pen, contribue à réduire la marge de manœuvre du débat sur les questions décisives telles que la zone euro ou la réforme du marché du travail.

Pascal Perrineau


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